Déjà plusieurs heures que le couple et leur fille sont enfermés en prison. Un garde passe.
- Monsieur, quand est-ce qu'on peut partir ? demanda naïvement la petite.
Le garde rigola vivement et empoigna son père.
L'homme s'assit en même temps que son interrogateur. Ils recommencèrent pour au moins la 10ème fois de la nuit.
- Bon. fit l'homme en uniforme, Vous ne voulez toujours pas avouez ?
- Avouer quoi ?
- Que vous êtes un vampire, vous et toute votre famille !
- Je ne suis pas un vampire ! J'aurais déjà enfoncé mes canines dans votre cou sinon.
- Bon, je commence à fatiguer. Avouez et nous n'en parlerons plus.
- Mais enfin ! Puisque je vous dit que je ne suis pas un vampire ! A quoi cela vous servirait-il d'avoir des aveux alors que je ne le suis pas !?
- Coriace en plus ! J'te vois bien en catégorie 1 ou 2.
- De quoi parlez-vous ?
- Des différentes catégories de vampires qui existent en ce Monde : il y en a 10.
- Eh bien, je ne rentre dans aucunes de ces catégories Colonel.
- Rendier !
- Oui mon Colonel ?
- Va me chercher sa femme. Ils cèderont ensemble.
- Bien Colonel.
Le jeune militaire s'en alla chercher la femme de l'interrogé. Il s'engouffra dans les couloirs à peine éclairés de la caserne. La petite fille vint l'accueillir avec un grand sourire croyant qu'il ramenait son père près d'elle et de sa mère... Son sourire s'effaça bien vite quand elle comprit qu'il venait aussi chercher sa mère. Elle se leva sans résistance et sans bruits. On lui enfila des menottes par peur qu'elle ne se rebelle contre officiers. Sa Princesse lui tira le tissu de sa robe pour la retenir. Sa mère n'en fit rien, et d'un geste des plus protecteurs, elle retira la petite main de sa robe et la posa à l'endroit même où se situait le c½ur de sa fille.
- Souviens-toi simplement de qui tu es...
- Mais maman... se plaignit la toute jeune demoiselle
- Ca ne sera pas long ma chérie.
- Reviens vite alors !
Le militaire Rendier les trouva touchantes, toutes remplies de douceur qu'elles étaient... Il songea un instant à les laisser ensemble plus longtemps, mais des ordres étaient des ordres. Il conduisit donc la jeune femme aux côtés de son mari pour subir un nouvel interrogatoire de la part du Colonel Rahoffman. L'officier Rendier referma la porte derrière la jeune mère sans chercher à savoir si elle l'était correctement...
On la fit asseoir sur une chaise, l'interrogatoire du Chasseur de Vampires reprit de plus belle.
- Mademoiselle...
- Madame. coupa la jeune femme brune.
- Madame donc. Etes-vous, oui ou non, des Vampires ?
- Non.
- Raaaah, grogna le Colonel, je commence à en avoir jusque là ! On en obtiendra rien de toute façon. Faites-les fusiller. Ce sont des Vampires. Supprimez-les.
Tout le monde dans la pièce avait avalé sa salive. Le jeune couple était loin de penser que ça attendrait ces proportions là... On les emmena dans une autre cellule, plus grande, plus confortable et surtout loin de celle où dormait en ce moment même leur fille.
Ils s'étaient installés à leurs aises. Les c½urs étaient serrés. L'envie de dormir était bien présente mais le fait de savoir qu'ils allaient être fusillés au matin, pour être seulement Humains les rendait malades.
- Que va t-elle devenir ?
- Je sais pas mais n'y pense pas trop chérie.
- Remarque, il a encore le temps de s'apercevoir de son erreur.
- Sakura, ma chérie...
- Mais j'ai... Je n'ai rien fait ! Je suis Humaine même si...
- Ce n'est pas ta faute. Ton sang est comme ça. Ne les renies pas.
- Tu as raison. Mais Juna [Yuna]...
- Je sais... Il soupira. Aller essaie de dormir un peu.
- Oui. Elle ferma les yeux. Ma Juna.
Le reste de la nuit était passé. Le matin était là. On leur apportait le petit déjeuner. Il était 6 h 55.
- L'exécution aura lieue à 10 h. dit le garde en sortant de la cellule.
3 h 05. Le temps qu'ils leur restent à vivre. Ils allaient mourir, les gens autour diront que le Colonel a bien fait son travail mais dans l'histoire, ce n'est pas lui la victime mais bien une fillette du nom de Juna.
Ils finirent un des nombreux plats succulents et ne mangèrent rien de plus. 7 h et quart passé d'une minute. La jeune Sakura demanda à prendre un bain moussant parfumé aux huiles essentielles. On accepta. Son mari, lui, se contenta d'une simple douche et un savon. 8 h moins le quart. L'homme était habillé. Sa femme devait encore être dans son bain, profitant des derniers instants d'une liberté volée... 8 h 10. Elle arriva, une serviette autour d'elle. Elle revêtit la tenue apportée peu de temps avant par un militaire. 8 h 45. Ils sont prêts, maintenant il faut attendre l'Heure. Dans 1 h et quart leurs Cauchemar prendra fin se disaient-ils. 1 h et 15 minutes et ils ne seront plus rien...
9 h 45. Que faisait Juna ? Où était-elle ? Pensait-elle encore à eux ? Toutes ces questions tournaient inlassablement dans l'esprit de sa mère. Un quart d'heure de vie, cela paraît tellement loin dans leurs esprits à présent. Mais tellement proche également. Ils ne savent pas. Ils ne savent plus. Tout est affreusement confus dans leurs têtes.
Ils ont oubliés ce qu'ils étaient, la date et même l'heure. Pourtant, ils sont presque sûrs qu'un officier est venu leur dire l'heure il n'y a pas si longtemps... Mais au fond, l'heure qu'est-ce s'est ? Rien. Comme eux. Ils se souviennent juste d'un sourire. Celui de leurs fille âgée de 3 ans.
10 h 00. Voilà qu'une escorte de soldats vient les chercher. Les fers sous les bottes résonnent sur le sol de la caserne.
- Comment vous sentez-vous ?
- Je ne sais pas.
Il avaient peur mais cela ne servait absolument plus à rien surtout pas maintenant, si proche du but, de la libération. Plus que quelques instants, et tout ça ne sera plus qu'un mauvais souvenir... Le regard vide, ils avancent comme des patins que l'on actionne, ils avancent. Sans se poser de questions ils marchent vers un monde meilleur : en tout cas plus tolérant.
Ils entrent tous dans une salle immense. La jeune femme passa devant le Colonel Rahoffman et le regard rempli de haine, elle lui lança
- Assassin !
- Charmante... fit-il, un sourire plein de fierté et d'arrogance collé sur le visage.
On les fit monter sur une estrade, on enleva leurs vêtements pour éviter trop de lessive, enfin, on leur attacha les poignets en l'air. En fait, ils allaient fusiller 3 personnes : elle était enceinte d'au moins 7 mois... Le couple entendit les mitraillettes se charger derrière eux.
Les soldats se mirent en position, attendant l'ordre pour tirer.
« Pulya v serdce,
Mozg na dvercu
Nimb i kryl' ya
Odevaem.
Beliy Plaschik
Dushu v nebo
Slozhim v yashik
Otpuskaem
Pulya v serdce,
Mozg na dvercu
Nimb i kryl' ya
Odevaem.
Beliy Plaschik
Dushu v nebo
Slozhim v yashik
Otpuskaem... »
- Armes chargées ? Feu !
Les coups de feu claquèrent dans la pièce avec une telle intensité que si l'une d'entre elles touchait le compteur électrique, c'était l'incendie assuré...
10 h 05. Deux corps inanimés gisaient dans la salle.
Le Colonel félicita ses hommes. Le téléphone sonna. Il répondit. C'était sa femme. Elle annonçait qu'elle arrivait avec une importante nouvelle...
Le Caporal Chef, enfin LA CaporalE Chef arriva dans la minute qui suivie son appel. Elle se précipita furieuse vers son mari.
- Quel beau travail mon cher Mari ! Tu as tué des innocents ! Humains. Ils étaient humains !
- Qu-Quoi ?!
- Regarde le Registre si tu ne me crois pas.
Elle lui tendit le document sur lequel on pouvait lire : Melle Sakura Patriskov mariée à Mr. Helmut Flétar. Née de parents russes humains. Le compagnon né d'un français et d'une autrichienne est également de sang humain.
Le militaire en pâlit et fut pris de vertiges.
- Merde. Heureusement que la ...
- Dis maman, pourquoi tu t'arrêtes ?
- Merde. Merde.
- Tu es fatiguée ? C'est pour ça ? Je vais demander au Monsieur de faire un truc pour que tu ailles mieux. =)
- Il faut lui dire. Elle ne peut pas rester comme ça !
- Lui dire quoi ?! Que tu as sauvagement assassiné ses parents ?!!
Le jeune militaire Rendier se chargea de dire à la petite que ses parents ne se réveilleraient plus. Qu'ils habitaient désormais au Paradis. La blondinette pleurait abondamment mais au fond, elle ne savait pas trop pourquoi.
Rongé par le remord, le Colonel proposa à sa femme de s'occuper ensemble de la petite orpheline. Elle accepta sans hésitation. Son mari était un monstre à ses yeux maintenant. Il ne comptait plus. Seule la fillette avait de l'importance.
Bien sûr, comme toutes les bavures militaires de cette importance : l'Affaire était placée sous Silence. Mais jusqu'à quand ? Déjà certains, comme Rendier, avaient nettement choisi leurs camp. Ils savent que plus tard, ils briseront le silence et diront la vérité.
- Elle s'appelle Juna Colonel.
- Juna...
Il l'appela. Elle répondit pleurant toujours. Quelques instants plus tard, elle parvint quand même à articuler un Bonjour.
- Qu'est-ce qui te ferai plaisir Juna ?
- Qu'on mette mes parents et mon frère dans une jolie boîte. Ils s'aiment vous savez et moi aussi je les aime.
Sa réponse était claire. Il s'y plia. Dieu maudisse le jour où elle apprendra et saura.
- Tu pourras nous appeler Papa et Maman si tu veux.
- D'accord mais c'est pas vous.
Ils quittèrent ce lieu, la petite au centre.
Un monde pleure, l'autre prépare déjà sa vengeance et un jour ils rentreront en contact... Juna l'ignore encore mais il fait le Mal, elle fait le bien.
Et elle fera le Mal quand Lui fera le bien...
J'espère que ma fiction vous plait toujours autant... Même si ce Chapitre est extrêment triste. J'ai réussi à me faire pleurer alors c'est vous dire ! Sinon pour toutes les questions j'y répondrai bien évidemment... D'ailleurs pour répondre à cette question : "Mais le " V " sur le pendentif, ça veut pas dire " Vampire " ???" posée par Elle, eh bien, je ne veux pas vous le dire de suite... Ca gâche tout sinon.
La fiction a été lu par une de mes Bestà jusqu'au Chapitre 10. Elle a tout compris. Alors j'espère que vous aussi ^^... Sinon quoi d'autre ? Le passage entre « ... » ne sont pas des mots inventés, ce sont juste un morceau des paroles de la vidéo du dessus.
Donc lâchez bien vos réactions surtout. Et merci de me suivre depuis le début, et de venir toujours sur l'autre fic' qui est terminée depuis un moment déjà...